La ville blanche…

Nous voilà sur Arequipa depuis mardi soir… Arequipa est situé au sud ouest du pays, elle est réputée pour être la ville blanche! Beaucoup de bâtiments coloniaux sont présents en son centre ville. Voilà la présentation que nous avions avant de venir ici!

Après 7h de bus depuis Puno, passant par des paysages toujours plus surprenants par leur diversité et leur beauté!

Nous arrivons à Arequipa en fin de journée avec un temps assez maussade… Nous avons mis je pense plus de 45 minutes depuis l’entrée de la ville pour arriver jusqu’au terminal de bus, démentiel le nombre de véhicule roulant ici et la pollution en émanant… Nous avions pas du tout projeté dans nos petites têtes que la ville où nous allons est la deuxième plus grande ville du Pérou après Lima, la capitale! Voilà que nos informations n’étaient que partielles et cela nous convenait bien je pense de croire que nous allions arriver dans une petite ville, voir un village tout blanc! La douche froide s’est fait sentir dès l’entrée dans la ville et jusqu’à maintenant, c’est à dire 3 jours après notre arrivée la douche s’est seulement tiédie!

Donc nous sommes dans une ville immense qui se situe à 2330m d’altitude, en hauteur mais sacrément plus bas que le lac Titikaka… Nos poumons devraient être reconnaissant, seulement lorsqu’à cette altitude il y a une pollution comme celle d’Arequipa, ils ne sont pas au plus haut de leur forme non plus!!!🥴

Le constat est assez rapide, la ville est beaucoup plus moderne que tout ce que l’on a pu voir au Pérou, et notamment il y a beaucoup plus de voiture ici que dans toutes les autres villes que nous avons pu visiter ici, cela expliquant certainement la pollution!

Nous avons loué un appartement qui remplit toutes les conditions que l’on pouvait lui attribuer, notamment de l’espace pour que chacun puisse prendre du temps pour lui, une cuisine pour faire des économies de resto, le wifi pour l’organisation et la détente, l’eau chaude pour le plaisir de tous. Je pense que cela fait quasiment depuis l’Equateur que nous n’avons pas eu le luxe d’avoir de l’espace suffisant pour réussir à faire trois choses différentes sans se gêner…😁 et le plus dans tout ça c’est pour seulement 16€ par nuit!!! Nous décidons d’en profiter pour se reposer et faire comme si nous étions « chez nous ». Depuis 5mois bientôt nous sommes en voyage et nous avons aussi besoin de nous reposer malgré ce que pensent les gens, être toujours en mouvement, changer de lieu, de personne, de paysage, de climat, de condition sanitaire, tout cela met notre corps et notre esprit à rude épreuve. Il est important je pense de pouvoir profiter de ne rien faire aussi! D’ailleurs tout le monde a profité à sa manière et notamment cela nous a permis d’être créatif dans tous les domaines.

Le temps nous a aussi beaucoup aider à rester à l’intérieur il pleut depuis que nous sommes arrivés! Cependant j’ai analysé qu’il se met à pleuvoir vers 12-13h jusqu’à plus soif, cela nous laisse donc la matinée pour faire des choses et l’après midi pour rester tranquille et faire l’école à la maison.

Aujourd’hui, vendredi nous nous sommes donc levés tôt au grand désespoir de tout le monde…😂

Le plan de la matinée était d’aller visiter le monastère Santa Catarina et d’aller se renseigner sur les possibilités pour visiter le canyon de Colca.

Nous sommes un peu rodés maintenant nous prenons le bus collectif pour aller au centre ville car les taxis ont cru que nous étions des vaches à lait( pardonnez moi l’expression).

Dans les bus de manière générale dans les villes au Pérou, au moment où toi tu te dis que le bus est plein tu n’as encore rien vu!!! il rentre encore bien une quinzaine de personnes…😂😂 nous sommes donc en mode sardine, et la technique est la suivante, nous ne savons pas toujours où nous arrêter, pour descendre du bus il faut crié « BAJA » (arrêt) suffisamment fort pour être entendu et la personne préposée à ouvrir la porte crie à son tour « A DONDE? » (oú?) et là ça se complique parce que nous ne savons pas toujours exactement mais dans l’ensemble à plus ou moins 100 mètres on arrive à descendre où l’on veut. Ça me fait rire ces conversations entre le préposé à l’ouverture de la porte qui est aussi celui qui encaisse l’argent et les passagers, au milieu de tout ce brouhaha. Et le plus important c’est d’aller vite, pour rentrer et surtout pour sortir il faut avoir préparé auparavant l’appoint pour payer sinon tu te fais secouer…😅😅

Après quelques minutes de bus et quelques centaines de mètres à pieds, nous arrivons à l’entrée du monastère. C’est un très long bâtiment blanc à l’extérieur et rouge à l’intérieur. Nous décidons malgré le prix un peu élevé de l’entrée pour nous trois, 100soles soit 26€, de prendre un guide en français pour essayer de comprendre un peu plus ce lieu.

C’est une femme cela change, jusque là nous avons toujours eu des hommes en tant que guide.

L’avantage de prendre un guide est évidemment d’en connaître un peu plus sur l’histoire du lieu que l’on visite sans quoi nous passons quand même à côté de beaucoup d’informations, par contre cela laisse moins de liberté et lorsque la visite guidée dure une heure avec une guide qui parle non stop, on décroche un peu! 😂 cela dit je nous ai trouvé plutôt discipliné dans cet exercice de concentration…🤣🤣

La particularité de ce monastère c’est les couleurs qui ornent ses murs, du blanc, du rouge et du bleu. Ces peintures sont refaites une fois par an, c’est un procédé de peinture à la chaux avec des pigments de couleurs et à l’époque cela permettait d’assainir les bâtiments afin d’éviter notamment les épidémies. Il a été construit sous l’influence de l’architecture espagnole plus précisément du sud de l’Espagne, qui était alors elle même sous l’influence des Maures.

Actuellement ce monastère est encore habité par une vingtaine de nonnes, dans une des parties plus récente dont nous n’avons évidemment pas accès. Ce

monastère existe depuis le 15eme siècle.

À l’époque les familles nombreuses étaient de coutume entre 15 et 20 enfants, en moyenne, et souvent les seconds de la fratrie étaient consacrés à être religieux, nonne ou curé. Dans les croyances populaires cela devait favoriser l’ensemble de la famille lors du passage au paradis. Plus les familles étaient riches plus elles envoyaient d’enfants au couvent… Car c’était un coût non négligeable l’équivalent de 140 000$ actuel ! Ils étaient redevables d’une grosse dote pour l’entrée au couvent d’une de leur fille.

Pour les filles de l’époque entre 12 et 13 ans deux possibilités s’offraient à elles.

La première était d’être offerte en mariage à un bon parti en échange d’une bonne rente, évidemment forcé par leur parent. L’espérance de vie ne dépassait pas les 45 ans à l’époque et donc il fallait pas perdre de temps, dès que les filles pouvaient procréer, elles étaient mariables…🤢

La deuxième option était d’aller au couvent et devenir religieuse et de consacrer sa vie au culte de dieu…🤢

Cette deuxième option permettait tout de même une vie plus tranquille et une chance de pouvoir accéder à l’instruction, l’apprentissage de la musique et du chant et d’échapper à un mari que l’on a pas choisi!

Bon évidemment ça me fais vomir de devoir penser laquelle des deux options je préfèrerais mais dans l’absolu de toute façon elles n’avaient pas le choix de l’une ou de l’autre alors…

Ici au monastère où normalement on pourrait se dire que toutes les femmes étaient mis sur un pied d’égalité par le vœu de chasteté et de vivre de la providence. Au lieu de ça, il y avait comme des castes dans le monastère, les familles les plus riches et les plus nobles faisaient construire des habitations individuelles dans le monastère lorsqu’elles le pouvaient pour loger leurs filles, et pouvaient leur attribuer aussi une servante. Cela leur permettaient d’accéder parfois à des postes plus élevées, elles avaient plus de responsabilités dans la vie du couvent mais aussi plus de privilèges, ainsi les différences étaient accentuées ici aussi. Les moins riches et les métisses ne pouvaient pas prétendre à cette vie mais plutôt à une vie de communauté avec des dortoirs et repas collectifs. Elles n’avaient par exemple pas de droit de vote pour l’élection de la mère supérieure qui avait lieu tous les trois ans évidemment elles ne pouvaient pas se présenter à ce poste non plus.

Pour résumer ne pouvait accéder à l’entrée au couvent seulement les riches espagnoles, les métisses étaient tolérés mais en sous classe et idem pour celles qui n’avaient pas beaucoup d’argent, quant aux indigènes, aux noires et aux pauvres la porte était fermée… belle mentalité!

En plus des nonnes, vivaient dans ce monastère des orphelines, des femmes réfugiés, des veuves, alors les nonnes aidaient tout de même une partie des esseulées…

Très intéressant même si évidemment un peu compliqué à l’heure actuelle de tolérer de telle condition de vie de la femme.

C’est impressionnant de voir ces bâtiments, c’est un village dans la ville! Au plus fort de la vie du monastère vivaient au alentour de 500 femmes.

À l’intérieur, nous sommes comme coupé de l’agitation de la ville. Le mélange des couleurs et des installations anciennes créent une atmosphère particulière, c’est vraiment très intéressant et très beau. Un vrai coup de cœur pour ce petit village andalou en plein Pérou. La beauté du lieu est en opposition avec la vie des nonnes de l’époque.

4 réflexions sur « La ville blanche… »

  1. Quelle déception pour Arequipa dont évidemment les guides ne nous montrent que les plus beaux bâtiments. Moi aussi je fantasmais sur la ville blanche ! Dur de vivre en apnée.
    Mais il y a toujours des choses intéressantes comme ce couvent que tu nous décrit.

    Gros poutous

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  2. Nouvelle destination, nouvelle ambiance, il est bien difficile d’avoir une idée d’une destination avant de l’avoir vécue, ton post contribuera à donner une information vécue à ceux qui voudront visiter cette ville. C’est vrai que la vie des Femmes que tu nous décrit n’est pas bien enviable et je comprend ta réaction, nous vivons dans un drôle de monde où le rôle majeur de la vie est naturellement donné aux Femmes par la création de la vie, et où la condition de la Femme est catastrophique. L’histoire nous laisse des vestiges bien médiocres et l’être humain est ainsi fait qu’il répète et répète les scénarios en évoluant tout doucement. J’espère que les Nonnes actuellement ont un statut plus enviable, en tout cas ce lieu de vie bien que déserté à l’air très beau et haut en couleurs. Bon repos et merci de ce beau partage.
    Serge

    Aimé par 1 personne

  3. Ce reste des contistadore,.s est colossal et encore solide. Ce qui, m a le plus charmee c est la photo du magnifique trio
    souriant et tres sympa. de fin d excursion pour les curieux dont je suis.Merci encore pour toutes descriptions a bientot Bisous

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  4. MAGNIFICO CE MONASTERE

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